

De loin si près, par la Cie Vilcanota
12 mars 2027 / 19h30
| 7€ à 17€
Sur scène, 8 personnages, de face, immobiles, lointains. Leurs visages sont couverts d’un amoncellement de bandelettes de tissu.
Leurs mains se lèvent, lentement, se rapprochent ; claquements sourds, puis claquements secs, étranges applaudissements anarchiques vers un public incertain. Puis tout à coup elles sortent du chaos et affirment une cadence : rituel des 3 coups pour l’ouverture d’un curieux bal. Les bandelettes tombent…
Avec De loin si près, ce sont les identités individuelles qui se confrontent à la puissance du collectif. À la croisée du hip hop, de la contemporaine et du krump, dans une conversation intemporelle entre voix lyrique, beat box et vielle à roue, on célèbre la joie des retrouvailles en une transe explosive, composant pas après pas une œuvre à la beauté déconcertante et colorée, de bouts de rien, mais collective.
Une pièce à l’énergie communicative interprétée par des danseurs et danseuses de grande qualité. La Terrasse
Au départ de la création, il y a des images, fortes, belles, étonnantes, oeuvres d’arts brut rencontrées au hasard des errements offerts par la période de confinement de 2020.
Et puis il y a le croisement d’un recueil de textes collectés par Anouk Grinberg. Textes d’art brut tour à tour signifiants, déroutants et souvent bouleversants, une grande partie de ces oeuvres ont en commun d’avoir été réalisées par des gens soumis à une forme d’enfermement mental qui les a conduits, pour nombre d’entre eux, à un enfermement tout court. Et pourtant, les textes et les images qu’ont produits ces gens sont d’une incroyable liberté, et nous proposent un regard sur le réel qui fait exploser notre imaginaire.
Ces oeuvres et le parcours de leurs auteurs sont à l’origine de la création De loin si près.
Avec De loin si près, Bruno Pradet fait à nouveau le pari d’une pièce de groupe, portée par des danseurs aux techniques multiples (contemporains, hip-hop, krump), pour aller explorer plus profondément le mouvement, dans sa capacité à raconter des bribes de monde.
Les danseurs, confinés dans un espace clos à la blancheur éclatante, développent des danses collectives puissamment orchestrées par une bande son où beat box, voix lyrique et vielle à roue font dialoguer magnifiquement chant baroque, musique occitane et musique actuelle.
Au-dessus de l’espace où ils sont confinés, une fine bande de lumière observe les danseurs, accompagne leurs rotations, se rapproche jusqu’à les caresser, pour s’en éloigner en toute hâte. Ce scanner géant, métaphore d’un extérieur au contour incertain, donne le la à ce drôle de voyage auquel nous nous joignons.
Entre virtuel et réel…
Image d’une ronde ou jamais les corps ne se rejoignent, allégorie d’une étendue marine peuplée de fantômes hypnotiques, évocation d’un bal explosif pour des troubadours d’un nouveau genre, ou encore, intrusion dans un salon d’essayage à l’ambiance festive où les tissus volent et les costumes s’échangent sans vergogne.
Au coeur de cette succession de paysages fantasques, des moments de solitude bégaient parfois le désarroi de l’un ou la révolte de l’autre. L’atmosphère sonore est alors plus rugueuse et la vélocité animale qui se dégage des corps est saisissante.
Mais le groupe n’est jamais bien loin, pour dissoudre les inquiétudes et balayer de quelques sourires ces échappées rebelles et reprendre le fil d’un mouvement commun.
Ils se transforment alors en joyeuses bêtes de somme et s’emparent des bouts de tissu disséminées dans l’espace pour les tordre, s’en amuser ou se les disputer.
Des noeuds se serrent, des liens se nouent, des morceaux apparaissent.
De robes en capes, fourmis insatiables, ils fabriquent, ensemble, en rythme.
C’est maladroit, parfois grotesque, mais qu’importe, ils sont embarqués par la transe qui se fait plus intense.
Les corps s’exposent, l’énergie explose, la toile se tisse.
Et de mains en mains, ce qui au départ n’était qu’un amas de matière informe, naît une oeuvre collective à la beauté déconcertante. Leur oeuvre à eux, leur liquette, Eugène.
Distribution
Conception et chorégraphie Bruno Pradet
Interprétation Jeanne Cathala, Chinatsu Kosakatani, Joël-Élisée Konan, Jules Leduc, Marie Maleine, José Meireles, Élie Tremblay, Loriane Wagner
Scénographie Clément Dubois
Création sonore Yoann Sanson, avec Marion Dhombres (soprano), Black Adopo (beat boxer), Patrice Rix (vielle à roue)
Création lumière François Blondel
Costumes Rozenn Lamand
Régie plateau Fabrice Coudert
Regard complice Loriane Wagner
Intervenant beat box Black Adopo
Construction luminaire Dr Prout
Administration et production Céline Aubry
Production et diffusion Azzedine Boudène
Mentions
La compagnie Vilcanota est conventionnée par la DRAC Occitanie et soutenue par la ville de Montpellier. Cette création est soutenue par la région Occitanie et le département de l’Hérault. Coproduction Le Phare – centre chorégraphique national du Havre Normandie, le Sémaphore à Cébazat, département de l’Hérault – Théâtre d’Ô à Montpellier, Théâtre Molière – Sète – scène nationale archipel de Thau, scène nationale de Dieppe, scène nationale d’Aubusson, scène de Bayssan à Béziers, Boom’structur – pôle chorégraphique à Clermont-Ferrand. Soutiens dans le cadre du festival d’Avignon 2025 Occitanie en scène, SPEDIDAM.
Equipement communal de la ville de Crolles



